Arte 360° GEO - 360°-Géo

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À Fès, le soleil se lève sur la médina - la plus belle et la plus grande du Maroc. Dans leur petit appartement, Simohamed El Ouzzani et sa femme Nadja prennent leur petit déjeuner. L'homme fluet aux yeux noirs et pétillants n'aura plus le temps d'avaler quoi que ce soit de toute la journée. Simohamed est l'un des derniers tanneurs-teinturiers de Fès - et le meilleur comme il le dit lui-même. Le travail est très dur, mais Simohamed adore son métier, un artisanat traditionnel menacé de disparition au Maroc. 360°- GEO plonge en immersion dans Fès et se colle aux talons d'un homme étonnant.
Au Maroc, la tannerie est un artisanat millénaire. Dans le souk aux portes de Fès, des montagnes de peaux brutes sont empilées, l'air est saturé d'une odeur pestilentielle. Simohamed ne travaille que les peaux de chèvre - il prend son temps, tourne et retourne chaque peau pour en contrôler la qualité. Car pour fabriquer un cuir haut de gamme, il faut une peau sans le moindre défaut. Quelques heures plus tard, le petit homme aux bras puissants rejoint le souk des tanneurs, là où se trouvent les bassins. Il n'utilise pas de produits chimiques, et il en est très fier. Les peaux doivent être lavées x fois dans un bain de chaux, jusqu'à ce que tous les poils soient dissouts. Ensuite, il faut les plonger dans un bain spécial, avec de la fiente de pigeon, et enfin les faires sécher. La fabrication de ses peaux peut demander jusqu'à trois mois. " Elles sont douces comme des crêpes " argumente le petit homme rayonnant, quand le moment est enfin venu de vendre ses peaux. En seulement 10 minutes, il a tout vendu - il faut dire qu'il est l'un des rares à proposer une matière première de cette qualité dans un pays où la tannerie est menacée de disparition : on trouve de plus en plus dans les souks de la Médina des produits importés illégalement de Chine. Au grand désarroi des artisans locaux, qui ne redoutent pas tant une chute des prix que la perte de certaines valeurs. Pour Simohamed, c'est un immense honneur que le cordonnier Abdelilah utilise son cuir pour fabriquer ses célèbres babouches. " Jamais je n'aurai de machine, je me sers seulement de mes mains et de mes doigts ". Derrière les murs de la médina de Fès se cache un autre monde millénaire qui refuse de se laisser envahir par la mondialisation.



Disponible en replay du 02/10/2014 au 09/10/2014 à 12:05

Chaine:

Programme: 360° GEO

Source: 360°-Géo


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