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Actualité :
Une nouvelle reconquista ? La grande mosquée de Cordoue en pleine controverse
Depuis des semaines, la grande mosquée de Cordoue est l'objet d'une violente dispute. Certains estiment que le patrimoine islamique du pays est menacé. L'édifice date du VIIIe siècle. A l'époque, Cordoue était sous domination mauresque et sa « Mezquita » passait pour la troisième plus grande mosquée du Vieux Continent, un des rares symboles de la coexistence pacifique entre musulmans, chrétiens et juifs. Ce n'est qu'en 1237, après la reconquête de Cordoue par Ferdinand III de Castille, que ce lieu de culte devient une église. Aujourd'hui, la Mezquita est un monument national, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1984. Très visité, l'édifice constitue une source de revenus considérable. Qu'est-ce qui peut bien pousser les habitants de Cordoue, les spécialistes du droit ecclésiastique, les historiens, mais aussi des écrivains de renom, à signer une pétition en ligne qui dénonce la récupération par l'Eglise catholique de la mosquée et exige sa nationalisation ? En 2006, l'évêque de Cordoue a inscrit l'édifice au cadastre pour la modique somme de 30 euros et pour ne pas payer d'impôts, il assimile les droits d'entrée à des dons. Plus grave encore, l'évêché s'ingénie à effacer toutes les traces du passé musulman et des origines mauresques de la Mezquita. Une altercation musclée s'est d'ailleurs produite en 2010 lorsque les gardiens des lieux ont voulu interdire à huit jeunes musulmans autrichiens de prier devant le mihrab… Ces péripéties sont l'aboutissement d'une controverse portant sur une loi espagnole promulguée en 1996 qui permet aux évêques de déclarer l'Eglise catholique propriétaire des édifices religieux, presbytères et terrains jusque-là considérés comme des biens publics. A qui appartient l'ancienne mosquée et actuelle cathédrale de Cordoue ? A l'Eglise catholique ou au patrimoine mondial de l'humanité ? Faut-il y voir un combat culturel contre l'oubli et l'ignorance religieuse ? Ou s'agit-il seulement de jeux de pouvoir, d'argent et de politique ? Metropolis fait le point sur une farce à l'origine provinciale dont le retentissement dépasse aujourd'hui les frontières espagnoles.

Dossier métropole :
« Mixed City » : Haïfa, cité méditerranéenne d'Israël
Troisième plus grande ville israélienne, Haïfa est une cité portuaire située dans le nord du pays, à proximité des frontières libanaise et syrienne. Jadis porte donnant sur le monde arabe, Haïfa est aujourd'hui une des rares « mixed cities », ces lieux si rares où juifs et musulmans vivent côte à côte. L'ancienne résidence des souverains bédouins est une ville entre mer et montagne qui s'étend sur trois niveaux. C'est aussi une des cités les plus industrieuses du pays. Et une ville où artistes et créateurs issus des deux cultures interagissent, contrairement au reste du pays. Boaz Noy est né à Haïfa. Après des années passées à Tel Aviv et à Jérusalem, il est revenu dans sa ville natale où le conflit israélo-palestinien est moins présent. Ses enfants fréquentent d'ailleurs une école qui accueille aussi bien les juifs que les musulmans. Dans ses tableaux, Boaz Noy travaille la topographie de la terre qui l'a vu naître. Il tient également une galerie ouverte à tous, où il tente de redonner vie au quartier portuaire en déclin en le transformant en un lieu de création bien vivant. Ce symbole de tolérance religieuse et de réconciliation entre les peuples n'est que de la poudre aux yeux selon l'actrice arabe Khulood Tannous. Elle se sent bien dans le quartier de Massada, un quartier très jeune. Elle rêve d'un grand théâtre palestinien et nous entraîne dans le vieux quartier arabe de Wadi Nisnas. Le quartier jouxte un paysage désolé : En effet, les ruines des maisons de Wadi Salib témoignent d'une histoire refoulée, celle des anciens habitants expulsés et des tensions qui ont suivi au sein de la communauté juive. L'historienne Yvaat Weiss cherche à rappeler cette autre histoire aux habitants de la ville.
Haïfa est une ville hétérogène et fascinante. Metropolis est parti à sa découverte.

Littérature :
Travail de deuil : quand le philosophe russe Mikhaïl Rykline reconstitue la vie et la mort de sa femme
Trente ans d'amour fusionnel ont uni la poétesse Anna Altschuk et le philosophe Mikhaïl Rykline, un des grands critiques de l'évolution autoritaire de la Russie. Le 10 avril 2008, le cadavre d'Anna Altschuk a été repêché dans la Spree. Sa mort a donné lieu à bien des spéculations. Après l'assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa et l'empoisonnement à Londres de l'opposant au régime Alexandre Litvinenko en 2006, tout portait à croire qu'Anna Altschuk avait été la victime d'un assassinat politique ou d'un attentat mené par un fanatique religieux.
Michail Rykline vient de publier un ouvrage où il a reconstitué la vie et la mort de son épouse : un témoignage d'amour mais aussi un travail de deuil. Ce portrait en forme de kaléidoscope donne à voir une femme fragile, tout en contradiction, et une artiste traumatisée : pour avoir participé en 2003 à l'exposition « Achtung, Religion », manifestation saccagée quelques jours après son ouverture par des fidèles de l'Eglise orthodoxe, elle a passé des mois sur le banc des accusés. Malgré un non-lieu, elle n'avait plus d'avenir dans la Russie de Poutine. Exposée aux calomnies et aux menaces, elle passait pour une sataniste et s'est marginalisée, elle n'a jamais réussi à prendre pied. Ebranlé par la disparition de son épouse, Mikhaïl Rykline a consulté son dossier de police, il a lu ses journaux intimes. Il replace à présent sa vie et sa mort à la lueur de l'évolution politique et sociétale de la Russie. En écrivant ce livre, il a rencontré une femme qui voyait dans la mort le « havre de Dionysos », un lieu où l'âme trouve enfin la paix.
Metropolis a rencontré Mikhaïl Rykline dans son appartement de Berlin.

Musique :
Entre Orient et Occident : les voyages sonores de la chanteuse de jazz germano-afghane Simin Tander
Elle respire en musique, créé des atmosphères et parle un langage universel. La chanteuse de jazz germano-afghane Simin Tander vient de publier son deuxième album « Where The Water Travels Home ». Dans cet opus, elle se met en quête de ses racines et jette un pont entre les arabesques sonores de l'Orient et le jazz du Vieux Continent. Simin Tander aime improviser, alterner les langues et jouer avec les mots qu'elle invente. Pour elle, il n'était pas question de gaspiller son talent dans des succès commerciaux rapides et de devenir une chanteuse pop dénuée d'âme. A présent, elle vit à Cologne, sa ville natale, où elle est bien connue dans le milieu du jazz. Sa musique oscille entre jazz, folk et world : débordante de vitalité et de douceur à la fois. Sur ce nouvel album, elle a mis en musique « De Kor Aman », un poème écrit en pashtoun par son père qui parle de nostalgie. Cet Afghan avait émigré à Cologne au milieu des années 1960 pour travailler à la radio internationale allemande. il est décédé dans les années 1980. A partir de la mi-avril, Simin Tander reprendra sa tournée triomphale en Allemagne. Metropolis a rencontré la chanteuse à Cologne.

Exposition : « Room-Service » : la Kunsthalle de Baden-Baden théorise l'hôtel, lieu d'art et de culture
Les hôtels cristallisent tous les rêves, lieux de transfert, de séjours temporaires, de fuite du quotidien, ils constituent une sorte de monde parallèle. Oasis de luxe ou simple hébergement pour voyageurs, ce sont des espaces de mémoire et de souvenir chargés d'histoire. L'événement investit les nombreux hôtels de Baden-Baden qui deviennent des espaces d'exposition. Jusqu'au 22 juin 2014, une centaine d'objets, de peintures, d'installations et de performances éclairent les rapports entre les hôtels, l'art et les artistes. De Francis Frith, le premier à photographier les hôtels au XIXe siècle, à William Turner, Henri Matisse, George Grosz et August Sander sans oublier Sophie Calle, Edward Hopper, Martin Kippenberger et Andreas Gursky, Metropolis a suivi ce parcours unique et rencontré Johan Holten, le concepteur de l'exposition, pour évoquer le mythe de l'hôtel. Rencontre également avec l'artiste Naneci Yurdagül qui a transformé le Brenner, un des palaces de la ville, en un hôtel de passe.

La femme araignée - visite de l'atelier de l'artiste japonaise Aiko Tezuka à Berlin
« Le champignon atomique et l'utérus de la femme ont presque la même forme ». Aiko Tezuka, artiste japonaise installée à Berlin, aime choquer avec ses révélations mystérieuses. Telle une archéologue du tissage, elle se plonge dans d'anciens textiles originaires d'Egypte, d'Inde ou du Japon pour mettre à jour leur trame - un travail d'une rare minutie. Elle s'empare de milliers de fils qu'elle tricote, noue, tend pour en faire d'étranges structures qui envahissent l'espace, dévoilant ainsi l'histoire de ces tissus ancestraux. Ces métamorphoses sont autant de commentaires sociologiques et politiques livrés par l'artiste. Quels étaient les souverains, les systèmes, les valeurs, les conditions de travail qui ont présidé à la naissance de ces tapisseries anciennes ?
Aiko Tezuka emmaillotte littéralement sa toile autour de l'observateur pour l'immerger dans les profondeurs de l'art textile. Telle une « femme araignée », elle tisse des histoires nouvelles en partant de l'ancien et donne à voir des structures imaginatives et édifiantes qui, jusque-là, passaient inaperçues.



Disponible en replay du 13/04/2014 au 20/04/2014 à 11:20

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Programme: Metropolis

Source: Metropolis


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